Juliette Pavy est une photojournaliste française. Passionnée de photographie depuis qu’elle est enfant, elle s’oriente pourtant, dans un premier temps, vers la biologie. Puis, à l’âge de 23 ans, elle devient photographe professionnelle. Afin de valider son diplôme à l’Ecole des Métiers de l’Information (EMI-CFD) de Paris, elle pointe son objectif vers la ZAD (Zone à défendre) de Notre Dame-des-Landes, et vers d’autres éco-lieux français.
Ensuite, tout s’enchaîne très vite : elle co-fonde le collectif Hors Format dès 2020, est lauréate de la Grande commande nationale de la Bibliothèque Nationale de France, Radioscopie de la France : regards sur un pays traversé par la crise sanitaire en 2023-2024. Elle reçoit, en 2024, le titre de « Photographe de l’année » aux Sony World Photography Awards, de cerne pour son reportage sur la stérilisation forcée des femmes au Groenland, mise en place par le gouvernement danois, de 1966 à 1975. Ce sujet traduit son attirance pour l’Arctique, auquel elle dédie plusieurs reportages : la pollution de cette vaste zone au mercure, l’adaptation des Inuits au changement climatique, l’influence de ce dernier sur l’indépendance du pays, etc.
La série exposée dans le cadre d’Or Bleu Festival Photo présente la pêche traditionnelle à la crevette à cheval. Celle-ci n’est plus pratiquée qu’à Oostduinkerke-Bad en Belgique, à quelques kilomètres de Dunkerque. Juliette Pavy a capturé des images des derniers représentants d’une pêche aujourd’hui classée au patrimoine mondial immatériel de l’UNESCO. La pêche à cheval évoque une pratique lente, fruit de la collaboration entre l’homme et l’animal, qui se déroule selon les rythmes naturels des marées et des saisons, d’avril à octobre. Les images de la photojournaliste jouent du contraste entre les gris du ciel et de la mer -et même des crevettes !- avec des hommes en jaune, montés sur des Brabançons, énormes chevaux de 900 kilos. Ceux-là tirent un filet en forme d’entonnoir qui racle le sable. Les pêcheurs trient ensuite ce qui a été capturé pour ne garder que les crevettes. Cette pêche connaît chaque année un moment de gloire lors d’un festival spécial dédié. Celui-ci met à l’honneur les gardiens de cette tradition remontant, au moins, au XVIe siècle, pratiquée sur toute la côte de la mer du Nord jusqu’en Angleterre.












